Mercredi 29 octobre 2008
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Lundi 3 mars 2008
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Le retour est difficile, tout le monde le dit ! Rentrer c’est un peu un départ à l’envers : on quitte ses habitudes fraichement instaurées pour retrouver les anciennes nous attendant
sans avoir bougé. Tous les cyclistes vous diront que pédaler vous emmène loin, bien plus loin que les kilomètres parcourus. Votre esprit s’évade au fur et à mesure du goudron avalé et vos pensées
se perdent dans de longues réflexions. Ainsi, pendant ce mois passé au Mali, je me suis construit une petite bulle dans laquelle j’ai mélangé ma vie avec celle d’un petit aventurier. Tout est
possible à ce moment là, la quasi-totalité de la journée est consacrée à l’évasion, j’ai des réponses pour tout ! Le temps se détache un peu de moi et je ne vie que l’instant présent. Ramené à des
besoins primaires tels que me déplacer, manger et dormir, le voyage me déshabille et me laisse seul, face à moi-même.
Vient ensuite le fameux retour. Très enthousiaste au début, je me sens fort de l’aventure réalisée et, sûr de moi, j’annonce que le retour n’est pas si difficile. Mais la réalité ressurgit
très vite. Les obligations et contraintes que nous avons dans notre vie sédentaire s’imposent de force ! Heureusement le retour s’accompagne aussi de nombreuses joies - on ne saurait aller chercher
trop loin le plaisir de rentrer chez soi.
Pour certains le voyage est une fuite. Pour moi c’est un grand bol d’air, un coup de hache dans mon quotidien pour me laisser vivre autre chose et bousculer mes habitudes.
« CE QUE J’AIME DANS LES VOYAGES, C’EST L’ÉTONNEMENT DU RETOUR. » (Stendhal)
Lundi 3 mars 2008
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18:41
Nous rencontrons Omar à Bamako lors de nos premiers jours au Mali, nous le croisons une semaine plus tard à Mopti et une nouvelle fois à Ségou au hasard d’une rue ! Lors de cette dernière
retrouvaille, je le mets au défi de rentrer chez lui à vélo. Il me répond avec un large sourire : « moi y a pas de problème, tranquille ! ». La plaisanterie se transforme en réalité lorsque
je rencontre Kevin (merci encore!), un français en vadrouille, qui me prête un vélo pour qu’Omar fasse la route avec nous.
Quelques réparations plus tard, le vélo est prêt et notre nouveau compagnon découvre avec joie sa monture : un rockrider decathlon. Le rendez-vous de départ est fixé à demain matin 7h.
Omar arrive miraculeusement à l’heure et nous traversons une nouvelle fois le Niger en pinasse. Pas de réservoir sur celle-ci, un bidon le remplace. En guise de pompe, c’est le jeune chauffeur qui
amorce l’aspiration puis maintient le bidon d’une main en hauteur pour que l’essence s’écoule correctement. De l’autre main, il dirige son embarcation et nous dépose sur l’autre rive.
La piste s’annonce difficile. Il faut suivre les bonnes traces pour ne pas planter ses roues dans le sable tout en essayant de rouler au maximum à l’ombre. La chaleur augmente de jour en jour,
inexorablement. Omar améliore notre quotidien de cyclo-voyageur : nous découvrons que le fruit du baobab est une excellente sucrerie, nous buvons du bissap à chaque repas, nous pouvons enfin
communiquer avec les gens que nous rencontrons et nous goutons à chacune des petites spécialités des villages que nous traversons !
La piste que nous avons choisie longe le Niger et n’est pas accessible en voiture ! Elle sinue entre les manguiers, baobabs et autres arbres de la brousse. Lors de nos arrêts dans les villages, les
enfants s’approchent timidement de nous. Ils nous regardent avec de grands yeux ronds plein d’interrogations. Pour certain, nous sommes certainement leurs premiers toubabous. Le soir de notre
premier campement à 3, entre deux jardins, des enfants s’assoient autour du feu. Des femmes me font visiter fièrement leurs jardins en m’offrant des épis de maïs et quelques légumes. Plus tard dans
la soirée on nous proposera même des grenouilles pour le dîner ! Tout aurait pu être parfait si Omar, avec lequel je partage ma tente, ne ronflait pas autant...
Pendant la première journée de vélo, Omar fut notre pisteur. 100 mètres devant nous, il s’inquiétait de la bonne piste à prendre, nous trouvait les bons endroits pour faire des pauses, chantait
gaiement. Le deuxième jour est plus difficile… Il découvre ce que veut dire le mot « courbature ».
Le dernier jour de vélo de tout notre périple, c’est à mon tour d’être à la traine… Je n’ai plus d’énergie. Chaque tour de pédale est un effort épuisant. La piste défoncée n’arrange pas mon
inefficacité et j’ai l’impression que mon vélo pèse 100 kilos. Je m’arrête pour vérifier que je n’ai pas un frein bloqué ou 20 kilos de pierres dans une sacoche mais… rien de tout ça ! A midi, nous
retrouvons le goudron et avec lui la ville de Koulikoro : ville commerciale et politique importante du Mali. Je reprends mon énergie dans une petite gargote avec un bon pat de riz (pour
changer). Une dernière ligne droite de 60 kilomètres et nous sommes de retour à Bamako, après 1000km de vélo en un mois !
Mardi 12 février 2008
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16:45
La porte du restaurant est fermée mais nous avons maintenant l’expérience de ne plus raisonner avec notre esprit occidental : nous passons par derrière pour
demander à un passant si l’établissement est ouvert. On nous répond : « Le gérant est au marché mais revient bientôt », ce qui veut dire « installez-vous et
attendez entre 10 et 50 minutes ». La patience est règle d’or ici : nous nous installons en nous servant deux cocas. Des clients arrivent, s’installent, mais toujours pas de
gérant.
Chez Aurlus
Je prends le temps d’observer un menu :
1ère page : Attestation de M. Moussa Diara ayant suivi une formation de perfectionnement en cuisine, hygiène et sécurité alimentaire.
2ème page : Attestation de l’agence générale des services certifiant que M. Moussa Diara a suivi avec succès la formation en
techniques de restauration.
3ème page : On peut choisir entre bœuf viande, poulet, demi -poulet, etc. Mais aussi des or d’œuvre, des petits poids, des boisons chaudes, des
poisons, et dans la partie boisons fraîches : une chambre de
passage (nuit)…
L'attestation de formation
Toutes les tables sont maintenant occupées lorsque Moussa Diara ouvre la porte d’entrée de son restaurant « Chez
Aurlus ». Il balaie tranquillement le sol entre nos pieds, branche la radio, dit bonjour à chacun des clients, se lave les mains et prend les commandes. Il est 12h50, nous
sommes arrivés à 12h. Déjà, une femme à la table voisine s’est tout naturellement endormie sans même bouger un muscle. Aux autres tables on discute.
La sieste sans effort...
Les plats sont servis sauf les nôtres. Nous avons encore des leçons à apprendre : ne pas choisir de plat original, se limiter au riz en sauce ou riz
poulet. Le reste n’est pas prêt. A 13h30, le chef m’annonce qu’il n’a pas de banane plantin… alors je prends un riz en sauce ! Heureusement un soap opera à la télé me fait patienter.
D’ailleurs les premiers servis ayant fini depuis longtemps sont maintenant captivés par la série, confortablement installés dans leur chaise en plastique. Le riz en sauce arrive rapidement mais
l’omelette est finalement décommandée.
...et la série télé pour digérer
Par seb
-
Publié dans : Mali
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Mercredi 6 février 2008
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16:14
Depuis Djenné on nous promet de la bonne piste. Pour se rassurer, nous allons repérer les lieux la veille du départ : de la piste rouge, dure
et sans trou :-) Du vrai bonheur nous attend, avec en prime le vent dans le dos. En revanche, nous devons faire nos provisions car les 200 km de piste seront de nouveau
sans aucune épicerie : Vache Qui Rit, sardines en boîte, pâtes et pain.
La piste.
La chaleur nous impose de ne rouler que le matin. Le réveil se fait une heure avant l’aube pour pédaler dès les premiers rayons de soleil. Je quitte Djenné dans le
calme. C’est à cette heure-ci qu’elle montre son vrai visage, sans les poursuites de locaux cherchant à recevoir des cadeaux des riches toubabous. La piste est rouge
sang, les petits villages traversés sont charmants mais toujours d’une pauvreté terrifiante. Partout dans la brousse, nous voyons des femmes se déplacer avec de lourds chargements
sur la tête. Les hommes sont certainement en méditation permanente ; ils se regroupent à plusieurs, se vautrent sur des chaises longues en bois et palabrent…
Pause de 12h à 16h, après la sieste, je m'instruis.
Un village, quelques kilomètres après Djenné.
Lors de la traversée des villages, ce sont les enfants qui les premiers nous repèrent. Certains nous adressent des grands bonjours de
loin, d’autres courent vers nous pour nous saluer de prêt en criant « toubabou ! toubabou ! toubabou ! ». Les femmes nous envoient de larges sourires
et les hommes lèvent les deux mains vers nous comme pour nous féliciter.
Nous nous rapprochons du fleuve Niger. Lentement la brousse devient de plus en plus verte. Les villages possèdent maintenant des
jardins. On croise quelques machines agricoles et l’eau fait son apparition. Le campement de ce soir est au bord d’un lac : nous savourons la richesse d’avoir de l’eau sans
restriction. Le Niger, source de vie pour toute la région, forme un immense « delta intérieur », le Macina, gigantesques mosaïques de marécages et de lacs. Dès que nous
le quittons de quelques kilomètres, c’est la brousse sèche avec sa chaleur écrasante qui reprend le dessus.
Le plus beau des taxis brousse que nous ayons vu !
Arrivés à Ségou après deux jours de pistes et deux jours de goudron, nous sommes abrutis par le bruit de la ville et ce flux incessant de charrettes, voitures, piétons, ânes, chèvres, qui
jalonnent les rues. Nous nous frayons un chemin et trouvons refuge…dans la mission catholique ! Super endroit. C’est calme et propre ce qui est
très rare au Mali. Nous sommes heureux de trouver une douche, tout simplement.
Traversée du Niger en pirogue.
Couché de soleil sur le Niger à Massina.
Par Seb
-
Publié dans : Mali
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