Un repas chez Aurlus

Publié le par seb

La porte du restaurant est fermée mais nous avons maintenant l’expérience de ne plus raisonner avec notre esprit occidental : nous passons par derrière pour demander à un passant si l’établissement est ouvert. On nous répond : « Le gérant est au marché mais revient bientôt », ce qui veut dire « installez-vous et attendez entre 10 et 50 minutes ». La patience est règle d’or ici : nous nous installons en nous servant deux cocas. Des clients arrivent, s’installent, mais toujours pas de gérant. 

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Chez Aurlus


Je prends le temps d’observer un menu :

1ère page : Attestation de M. Moussa Diara ayant suivi une formation de perfectionnement en cuisine, hygiène et sécurité alimentaire.
2ème page : Attestation de l’agence générale des services certifiant que M. Moussa Diara a suivi avec succès la formation en techniques de restauration.
3ème page : On peut choisir entre bœuf viande, poulet, demi -poulet, etc. Mais aussi des or d’œuvre, des petits poids, des boisons chaudes, des poisons, et dans la partie boisons fraîches : une chambre de passage (nuit)…

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L'attestation de formation


Toutes les tables sont maintenant occupées lorsque Moussa Diara ouvre la porte d’entrée de son restaurant « Chez Aurlus ». Il balaie tranquillement le sol entre nos pieds, branche la radio, dit bonjour à chacun des clients, se lave les mains et prend les commandes. Il est 12h50, nous sommes arrivés à 12h. Déjà, une femme à la table voisine s’est tout naturellement endormie sans même bouger un muscle. Aux autres tables on discute. 

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La sieste sans effort...


Les plats sont servis sauf les nôtres. Nous avons encore des leçons à apprendre : ne pas choisir de plat original, se limiter au riz en sauce ou riz poulet. Le reste n’est pas prêt. A 13h30, le chef m’annonce qu’il n’a pas de banane plantin… alors je prends un riz en sauce ! Heureusement un soap opera à la télé me fait patienter. D’ailleurs les premiers servis ayant fini depuis longtemps sont maintenant captivés par la série, confortablement installés dans leur chaise en plastique. Le riz en sauce arrive rapidement mais l’omelette est finalement décommandée.

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...et la série télé pour digérer

Publié dans Mali

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Julien 17/02/2008 22:46

Excellent ce repas tout en longueur! c'est du vécu aussi de notre coté l'an dernier au Benin... Nous sur le menu on pouvait lire :"Couscouse"Pomme "flite"ou encore comme boisson: "Pastise"En tout cas je rejoins muriel dans l'idée de "changer sa façon d attendre, changer sa façon de manger".Bref ca peux donner aussi nous donner envie de changer de facon de vivre ... Je te fais une bise et aussi à Aurelie qui (j'imagine) doit attendre son cyclo-voyageur préféré de pied ferme, et qui assure le relais avec le monde privilégié des humanides connectés au "World Wide Web".Hasta pronto amigos viajeros. Jul (de retour en France)

FAUCHOIS MURIEL 14/02/2008 15:12

C'est cela le dépaysement ,changer sa façon d attendre changer sa façon de manger. Partager Bravo les garçons Bonne fin de séjourMuriel 

Cilou et Stéph 13/02/2008 19:51

Ah ça, c'est tellement l'Afrique!!! Nombre de fois où les bananes plantins me tentaient. Et c'était l'occasion de changer du riz sauce... Et nombre de fois , après un certain temps j'étais aussi obligé de commander finalement du riz sauce à la place. Une fois, j'ai demandé si elle avait bien des bananes plantans. Oui, m'a-t-elle assuré. Le truc, c'est  que je n'avais pas encore intégré qu'au Burkina, ils ne savent pas dire non... Bref, 1h30 après ma commande j'ai mes bananes plantins... Elle était partie les acheter au marché...Et leurs cartes menu... un régal d'orthographe! Un jour dans un salon de thé à Ouagadougou, on pouvait choisir un laid socolat (mort de rire!!!)belle fin de séjourBisoux