Sur les traces de René Caillé

Publié le par Seb

J’ai apporté dans mes sacoches « L’esclave de Dieu » de Roger Frison Roche. Il y relate l’histoire de René Caillé, premier européen à s’être rendu à Tombouctou et à en être revenu. Il décrit la région de Djenné où je suis actuellement :
« Il suivait la troupe comme un somnambule, lassé de cette marche sans fin dans un paysage sans cesse recommencé, à travers une savane sèche plantée de mimosas sous lesquels croissaient les hautes herbes à éléphants. »
 
Nous traversons les mêmes paysages désolés. C’est en effet lassant et les villages sont notre seule distraction. Hélas, la vue de ses pauvres endroits reculés est triste. Les cases rectangulaires, faites de briques séchées et couvertes d’une terrasse, se regroupent autour d’un puis pour y survivre. Rien ne semble avoir changé depuis des siècles. Nous avons le sentiment d’être des extraterrestres lorsque nous quémandons un peu d’eau. 
 
undefined
Entre deux séances de pédalage intense, l'heure est à la lecture et à la réflexion...

Les villes ne sont pas beaucoup mieux. Il n’y a aucune organisation. Le tout à l’égout est au milieu des rues. Chacun se débrouille pour gagner quelques francs. Les ferrailleurs dépieutent les carcasses de camions abandonnés pour en faire des louches, des casseroles. Des femmes vendent des beignets frits dans l’huile. Les enfants réclament des bouteilles vides pour les revendre remplies par la suite.
 
Dans ces conditions, il est très difficile de faire des rencontres désintéressées. Les blancs sont riches et sont une source de rentrée d’argent plus sûre que n’importe quel autre commerce. Je me pose beaucoup de questions quant à l’intérêt de ce voyage. J’ai le sentiment d’être venu observer la misère de la même façon que je me rendrais dans un safari pour y voir des animaux. Au milieu de tout ça j’essaie d’être discret. Je laisse mon équipement photo dans les sacoches.

Publié dans Mali

Commenter cet article