Ça commence toujours comme ça : une envie de m'extraire de mon quotidien pourtant si confortable. Je n’aime pas partir mais cet Ailleurs m’attire tellement. Est-ce le besoin de me sentir différent? Est- ce pour me rendre intéressant? Je n'ai pas encore vraiment trouvé la raison exact de mes choix de voyage mais j'y retourne...
Le MALI ! Parce que Christophe (mon coéquipier du Maroc il y a deux ans) m'en parle depuis longtemps et parce que c'est la bonne saison. Il n'y a pas d'autre raison à ce choix.
Départ : samedi 19 janvier 2008
Retour : dimanche 17 février 2008
Le vélo : Mitch va être remplacé par un nouveau venu mais celui-ci n’est pas encore né…
En attendant le départ je me plonge dans un guide et tourne les pages de Roger Frison-Roche et de son aventure il y a quasi deux siècles à a recherche de Tombouctou.
Déjà la chaleur m'envahit ...
Le choix n'a pas été simple ! Hutch m'a plongé dans mon enfance quand je jouais avec ma petite voiture rouge sur laquelle j'avais
collé deux bandes blanches pour me prendre pour Starsky... Aujourd'hui c'est pour de vrai !
Merci Jehanne pour ta proposition et merci aussi à tous les autres !!!!!!
Le départ est pour demain 18h. On me demande : alors ? Et je n'ai pas grand chose à répondre. Le voyage est devenu un besoin dans ma vie, presque une
habitude. Mais je n'aime pas les départs alors je ne serai pas heureux demain. Il faut toujours quitter un endroit pour se rendre dans un autre et j'y laisse un bout de ma vie continuer sans moi.
Arrivée prévu dimanche 2h du matin à Bamako et rendez-vous avec Babouya au carrefour des jeunes. Pas d'heure de rendez-vous, juste un endroit. L'Afrique c'est demain
!
A Bamako, nous prenons le bus pour Hombori qui sera le point de départ de notre voyage à vélo. Rendez-vous à 16h pour le départ. Nous sommes stupéfaits de partir à
l’heure. Joie de courte durée car nous faisons une pause de plus d’une heure dix kilomètres plus loin. Nouveau départ mais avancée très vite stoppée pour la prière de 19h. On se croit repartis
quand deux énormes frigos doivent être chargés sur le toit. On roule enfin. 35km en trois heures, c’est moins qu’à vélo !
Notre bus, un vieil héritage du département du Loiret, nous berce à coups de klaxons, de vitesses qui craquent et de freinages d’urgence. Nouvel arrêt. Mais que ce passe-t-il ? Contrôle
policier de plus d’une heure pour finalement abandonner un homme sur la route parce qu’il n’avait pas payé la taxe de la moto qu’il ramène chez lui.
Arrivée à Sévaré. Nouvelle pause ? Non, c’est le terminus ! Nous ne sommes pas hélas à Hombori ! On palabre, on s’énerve un peu, des gens nous entourent et nous sommes
« revendus » à un autre bus qui part à 15h…il est 6h du mat.
On nous avait prévenus : anti-moustique en 5 exemplaires, des médicaments pouvant guérir un village entier et surtout des précautions parce que dans le nord du
pays…ça craint ! Au lieu de ça, j’attrape la crève par surprise, on ne récolte que de larges sourires en récompense de nos coups de pédales et la sécheresse totale de cette région rend
impossible la survie d’un seul moustique…
On ne s’attendait pas à ça. Un excès de confiance et d’excitation à monter de nouveau nos fidèles montures nous en a fait oublié l’essentiel : prendre de la
nourriture dès que possible. Nous partons avec une maigre réserve de riz et de pâtes et quelques morceaux de pain. Sur la route, nous ne trouvons rien à manger à part de malheureux biscuits secs
sans goût.
Avec ou sans rhume, garder la classe...
1er JOUR : LA DECOUVERTE !
Hombori est village au milieu de sortes de pics rocheux de plus de 1000m d’altitude. Ceux-ci rivalisent de beauté avec ceux de l’Arizona (est-en Arizona ??). J’ai du mal à apprécier le
spectacle tellement ma crève m’a mis à plat. J’ai chaud, très chaud et au moindre coup de vent je grelotte de froid. Le moindre mouvement me fatigue mais je me force à avancer lentement parce que
rester à l’ombre d’un arbre et attendre n’arrangera rien.
Le 1er jour est aussi la découverte des bonjours. "Salam Aleikoum, ça va bien", etc. qui s’échangent à chaque personne rencontrée. Un accueil déjà vécu au
Maroc mais ici absolument tout le monde nous salue avec un large sourire même de très loin. Les enfants se précipitent vers nous en criant « toubabou !
toubabou ! » (un blanc ! un blanc !)
Christophe et ses nouvelles copines.
Le far west ? Non, les roches d'Hombori.
Une route qui invite à la méditation.
2ème JOUR
Nos réserves d’eau s’épuisent et le riz sans sel c’est vraiment pas bon…Nous nous renseignons sur la prochain « alimentation » (épicerie). Mais les réponses
nous laissent perplexes. Il devient une évidence qu'on n’en trouverons pas dans les petits villages bordant la route. Mais on trouvera plus surement de l’eau.
A l’entrée du village il faut saluer les anciens qui semblent surveiller les allers et venues. Ensuite on se présente au chef, soit c’est lui qui vient à nous. Il faut alors se saluer pendant
une bonne minute en s’échangeant des « ça va, ça va bien, la famille tout va bien, etc. » en se serrant la main avec franchise. On nous conduit ensuite au forage grâce auquel le
village survit. Certains se lavent, les enfants jouent, d’autres s’occupent de remplir des jerricans de 20 litres d’eau.
Un village sur la route. Ce n'est pas ici que nous trouverons des Vache Qui Rit...
Nous quittons ce village qui nous a paru d’un autre temps, non sans avoir demandé où acheter à manger. Hélas, rien. Absolument rien à manger mis à part de malheureux biscuits secs. On prend
alors conscience que la nourriture va être la vraie contrainte de notre voyage.
Le soir, à 18h30, le campement est monté et nous sommes prêts à dormir. Nous commençons à pédaler dès l’aube. Je me shoot au Fervex et aux antibiotiques dans
l’espoir que ma crève passe. Elle m’épuise et voilà seulement deux jours de vélo de passés.
Le repos des guerriers.
Région de Hombori, à faire pâlir Sergio Leone.
3ème JOUR
Il ne nous restait plus que 20km jusque Douentza mais une petite réparation de crevaison retarda notre arrivée. Nous atterrissons finalement dans une ville. Enfin
nous pouvons acheter des provisions : pâtes, riz, sardines en boîte et dattes. Repos pour aujourd’hui car demain c’est de la piste et du sable en direction du pays Dogon.
Tout près de Douentza